Centenaire 1914-1918 : Mémoires de Tahitiens

 
 

Te Fare Tauhiti Nui avec le concours de l’association

Mémoire polynésienne  s’inscrivent  dans le

centenaire de la Grande Guerre.

 

Une exposition  labellisée :    Centenaire  1914-1918 : Mémoires de Tahitiens  retrace   dans la salle Muriavai  de la Maison de la culture, à Paofaï du 18 septembre au 28 septembre 2018, l’épopée méconnue des conscrits et engagés volontaires partis des rivages de la lointaine Océanie française pour combattre sur tous les fronts de la Grande Guerre. 

Des visites guidées à l’attention des scolaires sont programmées chaque jour à 10 heures.

Des visites guidées tous publics sur réservations sont prévues :

  • Le mardi 18 septembre, mercredi 19, jeudi 20 et le vendredi 21 septembre 2018 à 10 heures,
  • le lundi 24 septembre 2018, le mardi 25 septembre, jeudi 27 septembre à 17 heures et le vendredi 28 septembre à 14heures.

 

 

L’exposition permet aussi de découvrir de nombreux portraits de Poilus tahitiens

Mais aussi de consulter leurs dossiers matriculaires.

 

Les consultations sont organisées sur réservation du 24 septembre au 28 septembre 2018 de 9 heures à 11 heures dans le Cyber espace de la maison de la culture.

Ces documentations seront livrables sur demande expresse par l’association Mémoire polynésienne : memoirepolynesienne@gmail.com

 

 

Deux conférences par Jean-Christophe SHIGETOMI, auteur du livre Poilus tahitiens  se tiendront :

  • le mercredi 19 septembre 2018 dans la salle de projection à 17 heures sur le thème des Poilus tahitiens de l’Armée d’Orient ;
  • le mercredi 26 septembre à 18 heures dans le petit théâtre de la Maison de la Culture.

 

 

Une dédicace du livre  Poilus tahitiens est par ailleurs prévue le mercredi 19 septembre  2018, le jeudi 20 septembre 2018 et le mercredi 26 septembre 2018 à l’issue de ces deux conférences et projection.

 


 

Des ateliers lectures sur réservations sont organisés :

  • Adultes , le mercredi 19 septembre 2018 à 14 heures dans la bibliothèque adultes ;
  • Jeunesse, le mercredi 26 septembre 2018 à 13 heures dans la bibliothèque adultes 

Ces ateliers lectures ont pour objet de présenter l’ensemble des bibliographies sur l’Océanie française dans la Grande Guerre ainsi que des sélections de livres en annexe.

Enfin les projections de films cultes sont organisées. Les films sont suivis d’un débat sur leurs thématiques respectives.

 

  

 

 Jeudi 20 septembre 2018 à 17 heures.

 

 

  Lundi 24 septembre 2018 à 13 heures.

 

 

Mardi 25 septembre  2018 à 13 heures.

 

Jeudi 27 septembre 2018 à 13 heures.

 

 

 

 
 
 
Formulaire de souscription :Souscription
 
 
Pour la France , la souscription passe par le site https://fr.ulule.com/poilus-tahitiens

Les réservations sont sécurisées et favorisent un envoi direct.

 
 
 
 
       L'Office des Postes et télécommunications de la Polynésie française  avec le concours documentaire de l'association les Polynésiens dans la guerre (aujourd'hui Mémoire polynésienne)
édite un timbre dédiée au pilote tahitien de la Grande Guerre :
                                   Henri Cadousteau.
 
 
 
 
                                             Voir la rubrique Philatélie 14-18
 
 
 
 
 
 
Nocturne au Musée de Tahiti et des îles.
 
Tahiti aussi fête la Nuit européenne des musées en prolongeant ses horaires d'ouverture jusqu'à 21 heures, ce
21 mai 2016.
 
Vous pourrez également accéder à l'exposition temporaire Poilus tahitiens, les EFO dans la Grande Guerre.
 
Le commissaire de l'exposition, Jean-Christophe Teva SHIGETOMI,
président de l'association Les Polynésiens
dans la guerre, sera sur place
pour une visite guidée.
 
 
 
 
 
 
 
Exposition Poilus tahitiens
 
 
 
Dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, l'exposition Poilus tahitiens ouvrira ses portes au Musée de Tahiti et des îles à compter du 17 mai prochain pour un mois. Elle comprendra une quarantaine de panneaux retraçant l'épopée des Poilus tahitiens dans les rangs des forces françaises et alliées de la Palestine, les Dardanelles, Salonique aux champs de bataille de France et d'Europe,à l'exemple de ce  panneau dédié aux aviateurs tahitiens de la Grande Guerre avec une grande sélection de portraits de Poilus tahitiens.

 

  Portraits de poilus

 

 

                L'exposition Poilus tahitiens s'installe ce long week end
 au Musée de Tahiti et des îles. Ouverture le mardi 17 mai 2016
 jusqu'au 11 juin 2016.Dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre,
  44 panneaux vous retracent l'épopée méconnue des Poilus tahitiens. 
                Bonne visite.
 
 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de la revue HIRO'A

 

 

 

 

 

 

 

 

Tahiti Pacifique n° 326 Du 13 mai au 19 mai 2016.

 

 

 

 

Les Poilus tahitiens au musée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Fonds Tony Bambridge

L’année 2015 touche prochainement à sa fin. Elle reste l’année de tragédies qui augurent pour l’année 2016 de nouvelles meurtrissures. La civilisation n’est-elle pas née dans le fratricide. Il y a cent ans, des hommes engagés dans une guerre moderne des plus meurtrières ont su parfois poser les armes le temps de retrouver un peu d’humanité. J’ai choisi de vous livrer cet extrait tiré de mon livre Poilus tahitiens que j’ai intitulé : la trève de Randabel. 

Elle est tirée d’une des correspondances que le Dr. Cassiau sur le front de Champagne dans le corps d’un régiment territorial a écrit à son épouse Louise Goupil.

La trêve de Randabel.

(…)  L’histoire nous est parvenue, il y a quelques jours, que le bataillon avait eu une bien curieuse avec les allemands campés à quelques cent mètres devant eux. La voici telle que me l’a contée le commandant de mon bataillon qui la tenait de la bouche même du lieutenant Randabel qui en a été l’un des principaux acteurs. Cela se passe le lendemain de la grande victoire des Russes à Lodz et qui nous avait été signifiée par dépêche. Le soir un sergent de nos tranchées apporte au lieutenant Randabel des cigares que des soldats allemands en rampant entre les deux premières lignes ennemies venaient d’apporter et continuaient à causer avec nos hommes. Lorsque le lieutenant Randabel arriva sur les lieux, les soldats allemands se retiraient, il leur cria en allemand : « dites à un officier de venir causer avec moi » et un avec un courage surprenant, il attendit debout et fit même à pied dans la direction des boches, la moitié de nos cent mètres qui séparent les deux premières tranchées. Là, il s’arrête, un officier allemand, un capitaine fit voir sa tête au-dessus de son trou. Randabel lui dit : » j’ai fait la moitié du chemin, faites aussi la moitié. Le capitaine allemand s’avança et les deux officiers se mirent à causer. Etonné de la bonne tenue du lieutenant Randabel, le collègue boche lui demande depuis combien de temps, il était dans les tranchées. Randabel qui est méridional lui répondit : « depuis longtemps, peu après la bataille de la Marne. Mais comment êtres vous si propre donc demanda l’allemand et Randabel de répondre : « nos tranchées sont des tranchées mobiles, nous y sommes aussi bien que chez nous, et ayant tout le confort nécessaire, bains, douches cuisines etc. nous n’avons pas hâte de nous en aller avant de vous avoir délogés de la France. Là-dessus voilà une bordée d’obus envoyés par nos 75 qui met fin à la conversation. On se sépare hâtivement en se promettant de se revoir un peu après. Randabel fait savoir à la hâte à son commandant ce qui s’est passé, demande de faire suspendre le tir de notre artillerie. On téléphone aux colonels et autres commandants des pièces qui répondent qu’ils cesseront pour le moment et reprendront à trois heures précises de l’après-midi. Après quoi, les soldats français escaladent leurs tranchées, il en est fait de même du côté ennemi, des officiers de part et d’autre se rencontrent et même Randaubel pousse le culot jusqu’à descendre dans la tranchée ennemie tandis qu’un officier allemand visite la nôtre. Chez les boches, Randabel constate que les soldats sont ou de très jeunes hommes ayant à peine seize ans ou de vieux pères de familles et apprend que les soldats du Kaiser se réjouissaient de la victoire gagnée par les Allemands sur les Russes qui avaient eu cent mille prisonniers. Randabel a toutes les peines du monde pour les convaincre qu’ils sont dupes d’une supercherie et que c’est le contraire qui s’est produit et il crie à ses hommes de lui porter la copie de la décision du colonel proclamant la victoire russe telle qu’elle avait été annoncée par une dépêche de l’ambassadeur de Russie. Au surplus, il leur dit qu’en raison de cette victoire de nos alliés, nos soldats devaient entamer la marseillaise. Le temps pressait, il fallait retourner dans nos lignes et Randabel ne rentra pas sans qu’un général allemand lui ait dit que ce genre d’armistice n’était pas régulier et qu’une autre fois, il faudrait que les choses se passent plus conformes aux règlements militaires. En revenant, à la hâte, Randabel heurte du pied quelque chose et il s’affale sur le cadavre d’un allemand tué depuis plus d’un mois et qui était en complète putréfaction. Profitant de ces quelques heures de répit, les allemands profitèrent pour enterrer les morts qui étaient depuis plus ou moins restés sans sépulture sur cette longue bande de terre qui sépare les deux premières tranchées des belligérants. A trois heures précises, le 75 commença son tir à nouveau et les Lebel d’une part et les Mannleher d’autre part reprirent leurs crépitements meurtriers. Pour extraordinaire et vrai que cela soit, je n’ai pas cessé de manifester mon étonnement à mon commandant qui trouve cela très correct et compare aux boxeurs actuels aux gladiateurs anciens, aux chevaliers dans les tournois qui se font des serrements de poignets ou des saluts ou qui échangent de fraternelles accolades avant de s’entretuer. Le fait est que comme nous-mêmes les allemands (ou plutôt une partie des états germaniques autres que la Prusse et qui marchent à leurs corps défendant en ont assez, je veux parler surtout des vieux boches qui songent plutôt à leurs foyers, à leurs enfants, qu’à la vaine gloire que cherchent les gouvernants.

  

Fonds Tony Bambridge

Le 15 ème Salon du Livre ouvre ses portes ce jeudi 19 novembre 2015.

Connexions présente sa Revue trimestrielle n° III.

Les textes sont de Robert Koenig, Jean Guiart, Jonathan Bougard, Wadrawa Hnyigotr, Alain Saussol, henri Theureau, Riccardo Pineri, Jean-Noël Christment, Michel Lhomme et de Jean-Christophe Shigetomi :

LES INTERNES ALLEMANDS DANS LES ETABLISSEMENTS FRANÇAIS DE L’OCEANIE PENDANT LES DEUX GUERRES MONDIALES.

Poilus Tahitiens second ouvrage de Jean-Christophe SHIGETOMI à paraître, aborde le destin des internés allemands des Etablissements français d’Océanie pendant la première guerre mondiale. Dans un chapitre entier, Les internés,  Neuffer une famille allemande de Raiatea, il raconte l’histoire de ses aînés allemands. Ils seront une quarantaine de nationaux allemands à être internés, leurs biens confisqués. Ils seront ensuite transférés de la colonie en France pour être internés dans des camps de concentration de prisonniers civils. Pendant la seconde guerre mondiale, les nationaux allemands résidant dans la colonie seront sujets à nouveau à internement. Jean-Christophe Shigetomi nous livre quelques pans de leur histoire méconnue....

@ suivre dans Connexions III

 

Tahiti Pacifique du vendredi 13 novembre 2015.

A l'occasion du 97ème anniversaire de l'Armistice, Jean-Christophe Shigetomi...nous raconte le destin de combattants qui vont décéder (...) à l'hôpital Continental de Cannes. Par méconnaissance ou par erreur, plusieurs d'entre ...

 

Sépultures de Poilus tahitiens.

 Droits réservés

Le centenaire des commémorations de la Grande guerre nous rappelle que plus de trois cent conscrits et volontaires Tahitiens ont payé de leur vie leur engagement dans ce grand tourbillon de l’histoire, fauchés par la mitraille mais aussi souvent par la maladie. Ces enfants des Etablissements français de l’Océanie (E.F.O aujourd’hui la Polynésie française), reposent désormais loin de leur terre natale dans des nécropoles nationales ou des carrés militaires. Ainsi, beaucoup de Poilus tahitiens malades et intransportables ne vont pouvoir suivre leurs frères d’armes du Bataillon mixte du Pacifique retournant sur Tahiti et vont s’éteindre dans leurs lits d’hôpitaux des maux et des affections sévères contractés en service. La tuberculose décime en particulier leurs rangs.  Beaucoup seront donc convalescents dans le sud de la France pour la douceur du climat.

L’Hôtel Continental de Cannes transformé en hôpital militaire va recevoir plusieurs de ces soldats tahitiens pour beaucoup en phase finale. Cet hôpital a d’abord été l’hôpital russe n° 203 créé pour accueillir les éléments du contingent russe servant en France au  début de la guerre.

Vont décéder à Cannes, Hôpital complémentaire auxiliaire n° 203 Continental, les soldats tahitiens :

-              Aro a Faatae né le 9 juillet 1893 à Papara, décédé le 13 février 1918 ;

-              Tavi a Teihoarii né le 29 février 1896 à Tautira décédé le 1er avril 1918 ;

-              Tetauroura a Terai né le 26 septembre 1891 à Haapiti, décédé le 15 décembre 1918 ;

-              Le caporal Joseph Aitamai a Tetiarahi né le 10 septembre 1898 à Faa’a, décédé le 5 juin 1918;

-              Taea a Tetuanui né le 17 août 1898, décédé le 2 mars 1918 ;

-              Teahui a Hopara né le 13 juin 1898 à Teavaro, décédé le 27 février 1919 ;

-              Teha a Moe né le 16 août 1889 à Arutua, décédé le 3 avril 1918 ;

-              Moohono a Manahio, né le 3 février 1897 à Papeete, décédé le 17 octobre 1918 ;

-              Paihura a Mouaura né le 28 avril 1894 à Tautira, décédé le 13 août 1918 ;

-              Teiho a Matehau, né le 3 mars 1898 à Tautira, décédé de blessures de guerre le 4 avril 1919 ;

-              Maitia a Maitia né le 28 août 1897 à Afareaitu, décédé le 12 juillet 1919 ;

-              Terevaura a Tapare, né le 27 décembre 1896 à Afareaitu.

-              Teriimana a Tino né en 1896 à Afareaitu, décédé le 14 juillet 1919 ;

-              Tairua a Tehautapapa, décédé le 23 juillet 1919 ;

-              Tetuanui Mereni a Taeae né le 17 août 1898 à Vairao décédé le 2 mars 1918 ;

-              Nohorai ( Nohoraiatuuaihenuaura) a Haupuni, né le 12 mai 1892 à Tubuai, décédé le 20 août 1919 ;

-              Alfred Mataihau Domingo né le 2 mars 1893  à Papeete, fils de Teaafaui Domingo décédé le 14 août 1919.

Les poilus Tahitiens décédés à Cannes n’auront pas tous cependant sépulture chrétienne. Leur rang de tirailleur leur a décerné par méconnaissance des fossoyeurs la confession musulmane. Leurs sépultures sont cependant parfaitement entretenues par le Souvenir Français et les confessions religieuses de Tahiti alertées par la présente auront ainsi loisir de rendre sépulture chrétienne à ses fils Poilus.

 

LE SOLDAT INCONNU DU MONUMENT AUX MORTS DE PAPEETE

Article paru dans Tahiti Pacifique d'Août 2015.

Extraits de Poilus Tahitiens

à paraître

 Droits réservés

 

Il a tant été écrit sur la Grande Guerre que l’on peut s’interroger sur ce qui peut être encore dit. Mais, l’accès à de nouvelles sources documentaires livre parfois des informations inédites. Jean-Christophe Shigetomi – auteur du livre à paraîre « Poilus Tahitiens » - raconte pour Tahiti Pacifique, l’histoire de ce soldat inscrit, par erreur, sur le monument aux morts de Papeete.

Dans le cadre de mes recherches sur les poilus tahitiens, et notamment sur la centaine d’entre eux qui seront engagés à Salonique dans les rangs de l’Armée d’Orient, un nom inscrit sur le monument aux morts de Papeete m’a tout de suite interpellé car il ne figurait dans aucune des généalogies étudiées : François Brault.

En avril 1917, le journal officiel des Etablissements français de l’Océanie a bien publié dans sa rubrique Tableau d’honneur la disparition au combat de François Brault. Extrait : Le gouverneur des Etablissements français de l’Océanie a le devoir de porter à la connaissance de la colonie la belle conduite du soldat Brault (François) du 54ème régiment d’infanterie coloniale, disparu le 28 octobre 1916 devant Kenali (Serbie). Brault François appartenait à la classe 1913. Faisant partie du contingent de Nouvelle-Calédonie, il était arrivé à Marseille par le Sontay le 26 juin 1915. Fils de M : Ferdinand Brault, décédé à Taravao en septembre dernier, il était le neveu de MM. E. Brault, chef de bureau des secrétariats Généraux, et L. Brault, Avocat-Défenseur à Papeete.

Pourtant, aucune trace de ce dernier n’a pu être trouvée dans les registres officiels. Ainsi, le site Mémoire des Hommes ne recense dans ses fichiers aucun François Brault mort pour la France, comme il n’a pas été trouvé de trace de dossier militaire de François Brault dans les archives nationales d’Outre-mer d’Aix en Provence et de Nouvelle-Calédonie.

Ferdinand Brault né le 18 mai 1860 à Laval dans la Mayenne est l’époux de Sophia Anna Freitas née à Guildford (Australie) en 1861 et décédée à l’âge de soixante-neuf ans à Lismore (Australie) où elle résidera les treize dernières années de sa vie. Sa nécrologie indique qu’elle a épousé Ferdinand Brault à Guildford avant de gagner Nouméa avec son époux pour le commerce du café et du tabac. Quelques années après, ils ont migré vers Tahiti. Son époux va y tenir un hôtel restaurant sur pilotis à Taravao avant de décéder en septembre 1916. Sophia Freitas-Brault, retourne alors dans son pays d’origine pour séjourner quelques années à Sydney puis revenir à Lismore. Les époux Ferdinand Brault ont eu quatre fils, mais aucun dénommé François : Gabriel Ferdinand né à Punaauia en mars 1889, Francis, Félix et Léonce alias Peter Freitas. Le couple Brault a eu aussi cinq filles.

Francis Charles Emile René Brault plus connu sous le nom de Franck, né le 3 septembre 1893 à Koné en Nouvelle Calédonie décèdera le 6 juillet 1968 à Brisbane. Si Francis est François, c’est donc que ce garçon de la lignée de Ferdinand Brault a été grièvement blessé (sa jambe gauche est paralysée) mais a survécu à ses blessures contrairement à ce qu’affiche le monument aux morts de Papeete.

Engagé volontaire à Nouméa, Francis part avec le premier contingent néo-calédonien embarqué sur le Sontay. Les Tahitiens Joseph Quesnot, Elie Juventin, Henri Vincent et Gaston Largeteau sont aussi du voyage. A leur arrivée à Marseille, les océaniens sont conduits au Dépôt des isolés coloniaux situé à la caserne de la Vieille-Charité où ils restent trois jours avant de gagner Lyon en train pour être affecté au 6ème colonial en station à Saint-Maurice de Gourdans, petit village situé à vingt-cinq kilomètres de Lyon et à huit kilomètres de La Valbonne. Le 8 août 1915, ils sont dirigés sur le camp de La Valbonne. Les Tahitiens sont rayés de la liste pour l’Orient et passent au 5ème colonial. On peut présumer que Francis Brault, par son statut d’engagé volontaire néo-calédonien, a été affecté à sa demande dans le 54ème régiment d’infanterie coloniale : deux cent cinquante Poilus néo-calédoniens serviront à Salonique.

Si le journal officiel des E.F.O, le déclare disparu devant Kénali, le 28 octobre 1916, il semble en fait que Francis Brault a finalement survécu à la Grande Guerre.

On peut penser que la disparition du soldat Brault a été notifiée par les Armées aux autorités des Etablissements français d’Océanie car les parents de Francis y résidaient. La disparition, annoncée au Gouvernorat, est alors inscrite au Tableau d’Honneur du Journal officiel de l’année 1917 avec une erreur de retranscription du prénom : Francis est devenu François. Son père Ferdinand Brault est décédé en septembre 1916 et sa mère Sophia est repartie après la mort de son époux en Australie avec ses jeunes enfants. Le principe du décès de Francis Brault a donc été acté après-guerre, sans possible infirmation par des parents proches et son nom sera intuitivement inscrit dans les années 1920 sur le monument aux morts de Papeete. Mais sa mère, elle,n’est pas sans ignorer que son fils est vivant. Francis Brault lui écrit de Bordeaux le 28 septembre 1919 pour lui annoncer sa réforme. Il retrouve ensuite en Australie sa mère qui décède en 1930. Francis décèdera à Brisbane le 6 juillet 1968 à l’âge de soixante-douze ans.

Le frère de Francis Brault, Félix, né le 1er janvier 1896 à Sydney, sera aussi mobilisé. Après s’être présenté aux forces australiennes, il est appelé comme jeune soldat de la classe 1917 à compter du 20 janvier 1916 pour être incorporé à Nouméa dans la compagnie d’infanterie coloniale n° 1. Démobilisé le 12 septembre 1919, il sera réembarqué à destination de Sydney le 20 septembre 1919. Il se réengagera pendant la seconde guerre mondiale et sera tué à l’âge de quarante-six ans en Malaisie dans les rangs de l’Armée australienne face aux Japonais.

L’autre frère de Francis, Léonce Edmond Brault, connu aussi sous le nom de Peter Freitas, s’est engagé dans les rangs de l’Armée néo-zélandaise. C’est une dispute majeure avec son père qui lui a fait prendre le patronyme de sa mère et changer son prénom en Peter. Il est engagé à Gallipoli et dans la Somme.

Le 1ère classe Léonce Brault périt en mer le 10 octobre 1918 lors du torpillage en 1918 du Leinter, le paquebot qui le ramène d’Irlande où il a rendu visite à la famille de sa femme Delia Haynes qu’il a épousé en 1905. Il est repêché en mer, flottant dans son gilet de sauvetage mort de froid. Il est inhumé au cimetière de Grangegorman. Enfin, Gabriel, le dernier garçon de la famille a été, pour sa part réformé.

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CONFERENCE

Poilus Tahitiens de l’Armée d’Orient

http://www.tahiti-infos.com/Conference-publique-Les-Poilus-tahitiens-de-l-armee-d-Orient-par-Jean-Christophe-Teva-SHIGETOMI_a110682.html

 

Jeudi 2 octobre 2014

Université du Pacifique

Mission centenaire de la première guerre mondiale.

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La mémoire polynésienne connaît le bataillon mixte de marche du Pacifique (BMP) à l’assaut de Vesles-et-Caumont en octobre 1918. Elle ignore ou méconnaît aujourd’hui l’épopée de la centaine de volontaires qui furent engagés dès la fin de l’année 1916 à Salonique. Ce front d’Orient est tout autant absent de la mémoire collective nationale qui continue à privilégier ceux de France, de la Marne à la Somme et Verdun. Or c’est sur ce Front d’Orient que l’offensive victorieuse des alliés en septembre 1918 amènera l’effondrement de la Triplice avec la demande d’armistice de la Bulgarie suivie de celle de l’Autriche-Hongrie et enfin de l’Allemagne en novembre 1918. Les jardiniers de Salonique auront payé un très lourd tribut à l’effort de guerre sur les fronts macédonien et serbe. L’âpreté des combats conjuguée à la rigueur du climat été comme hiver, les maladies et l'éloignement (les permissions sont très rares), les « Poilus » Tahitiens d’Orient vont connaître malgré l’exotisme apparent de la Salonique, une guerre des plus cruelles.

Les troupes allemandes et austro-hongroises occupent la Serbie et l'Albanie.

La France et la Grande-Bretagne décident de leur opposer un front solide aux frontières nord de la Grèce, plus précisément sur le golfe de Salonique.

Leur objectif est de sauver l’armée serbe en déroute et de fixer dans cette région les forces austro-hongroises et bulgares.

Les Poilus Tahitiens d’Orient viennent principalement des rangs du contingent embarqué avec les recrues calédoniennes sur le Gange le 4 juin 1916.

Les volontaires Tahitiens débarquent à Marseille, le 11 août 1916, et sont dirigés sur Boulouris, près de St Raphaël dans le Var. Sous les ordres du Capitaine Montagne, le bataillon est utilisé comme troupe d’étapes sur le port de Marseille où les hommes chargent les bateaux qui partent pour le front d’Orient.

Entre novembre et décembre 1916, une centaine d’entre eux issus du dépôt du 22ème colonial en station à Cassis dans les Bouches du Rhône sont versés dans la 17ème division d’infanterie coloniale qui évacuée de Salonique est engagée sur le front de Salonique.

Une liste a été dressée conformément à un document daté du 24 août 1916 établie par la Compagnie Française des Phosphates de l'Océanie.

La route maritime via la Méditerranée jusqu'à Salonique, n'est cependant pas dénuée de risques avec la menace des mines et des sous-marins allemands.

Le Provence 2 qui transporte le 3ème Colonial pour Salonique est torpillé le 26 février. La moitié du régiment soient l’équivalent de cinq compagnies périt en mer.

Les poilus Tahitiens débarquent et prennent rapidement à pied la route du camp de Zeitenlick.

Le camp de Zeitenlick se trouve à quelques kilomètres au Nord-Ouest de Salonique. L'endroit s'appelle aujourd'hui Stavroupoli et se trouve dans la banlieue de Thessalonique.

Les coloniaux Tahitiens ont été précédés par des volontaires du Pacifique, quelques Tahitiens mais surtout par deux cent cinquante néo-calédoniens à titre de renfort des 1°, 3°, 54° et 56° RIC. Ces régiments sont regroupés pour former la 17° DI en remplacement en janvier 1916 du Corps expéditionnaire des Dardanelles.

Fernand Cassiau est le chef de l’ambulance alpine n°1.

Le Tahitien Francis Brault a participé aux combats de Kénali et a été porté disparu le 28 octobre 1916.

A leur arrivée en octobre 1916, les Tahitiens sont versés dans les rangs des principaux régiments d’infanterie coloniale de la 33èmebrigade sous les ordres du Général Têtard, de la 17e division coloniale d’infanterie coloniale et en particulier les 54ème et 56ème colonial puis le 1er Régiment d’infanterie coloniale. Mais certains d’entre- eux seront aussi affectés dans des unités tierces de la coloniale, Santé et Train.

La 33ème brigade est engagée depuis octobre 1916. Les opérations de la 17ème Division d’infanterie coloniale ont été d’abord des déplacements à travers les Balkans, des travaux à l’arrière, des séjours en secteurs, des reconnaissances et enfin de premiers combats offensifs dans les boucles de la Cerna et vers la Bulgarie au sud-est du lac Doïran.

La petite centaine de renforts Tahitiens a quitté Salonique le 25 novembre 1916 vers minuit, en train. Ils sont arrivés dans une petite station vers six heures et ont entamé ensuite neuf jours de marche pour gagner Monastir par étapes après avoir remonté la vallée du Vardar et crapahuté dans celle de la Cerna.

Lors d’un bivouac une section tahitienne est décimée le 1er décembre par deux obus. C’est leur baptême du feu que le volontaire Anatole Drollet raconte dans le Mémorial polynésien.

Les renforts océaniens vont être principalement engagés sur la ligne de front défensif assignée à la 17° DIC qui s’étend de Monastir, la côte 1050 glacée battue par les vents, les rives gelées des lacs de Prespa et d’Okrida jusqu’à la Cerna.

Les armées s’enterrent et une guerre de positions et de patrouilles offensives commence. Plusieurs Tahitiens sont tués ou sévèrement blessés : Raka Marohua, Charles Bouzer sont tués dans le secteur de Orahovo.

La neige commence à tomber et les températures chutent.

Les Poilus Tahitiens souffrent du froid et sont sujets aux maladies de poitrine et aux pieds gelés. Les températures accusent parfois moins vingt degrés.

Un grand nombre est évacué pour gelure de pieds et maladie. Beaucoup décèdent aussi dans les hôpitaux de campagne ou dans les hôpitaux du sud de la France.

La 17ème division d’infanterie occupe à nouveau le secteur Rapech-Bernik.

Un plan d’attaque allié sur Prilep se prépare avec mission pour la 33ème brigade de rompre le front dans la boucle de la Cerna. La 17ème division sera renforcée de la 2ème brigade russe.

L’armée alliée d’Orient placée sous le haut- commandement du général Sarrail comptait dans ses rangs un important contingent de troupes russes. Il se constituait des 2e et 4 e brigades. La première des deux est même citée à l'ordre de l'armée pour les combats de Monastir. La 4ème brigade russe était commandée par le général Maxime Leontieff, grand-père d’Alexandre Léontieff, ancien Président du Gouvernement de la Polynésie française.

Le 10 mai 1917, le 56° colonial va monter par quatre fois à l’assaut du Saillant Briand et de divers pitons. Malgré l’héroïsme des hommes du 56ème colonial, les assauts sont brisés par les défenses ennemies. Les pertes de la journée pour le 56ème colonial seront de quinze officiers, tués ou blessés et de cinq cent quarante-huit hommes de troupe, blessés ou disparus.

Le 27 août 1917, le volontaire Theodore Coppenrath est tué à Rapech.

Le 2 octobre 1917, Georges Maritua, né le 16 janvier 1892 à Faa’a du 56ème RIC décède de ses blessures de guerre à Rapech.

Le 8 octobre 1917, Marutua a Tuuhia est tué à l’ennemi dans les combats de Rapech.

A partir de 1918, seuls quelques Tahitiens sont encore à Salonique.

Marcel, Antoine BONNET arrive en septembre 1918 à Salonique au sein du 131ème bataillon de tirailleurs sénégalais. Il stationnera à Monastir, dans la Tcherna, puis à Patchi jusqu’au 1er février 1919. Il a déjà participé à diverses campagnes en France puis après une permission à Tahiti à la campagne de Tunisie.

Une circulaire ministérielle les a relevé et pour certains d’entre eux ont bénéficié de permissions pour Tahiti.

Georges Gouzy, le Délégué de Tahiti au conseil des colonies est intervenu auprès du Ministre de la Guerre pour que les mobilisés tahitiens ayant dix-huit mois de présence effective au front compris le temps passé en Nouvelle-Calédonie puissent venir jouir dans leur colonie d'origine de la permission de vingt-cinq jours à laquelle ils ont droit. Plusieurs Poilus d’Orient vont ainsi bénéficier d’une prolongation de permission et rester au Fenua.

Des vétérans de Salonique ont intégré le bataillon mixte de marche du Pacifique et vont être engagés à Vesles-et-Caumont.

 

CONFERENCE

LES E.F.O dans la Grande Guerre

 

Lycée de Taravao

2014

 

 

 Droits réservés

 

Avec le bombardement de Papeete, le 22 septembre 1914, les E.F.O entrent dans la Grande guerre.

 

 

L’attaque du 22 septembre 1914.

 

 

Alors que les Balkans s’enflamment, à Tahiti on festoie. Le navire amiral Montcalm de la flotte française d’Extrême Orient est ancré dans le port de Papeete et le contre-amiral Albert Huguet accueille à son bord le samedi soir 1er août 1914    les notables et les jolies tahitiennes de la colonie pour un bal d’exception (Sources : l’illustration : La guerre à Tahiti Emile Vedel 25 mai 1918).  L’Europe est très loin et les nouvelles sont rares. La TSF acquise à San Francisco par Wiliam Fawtier le gouverneur des Etablissements français d’Océanie (EFO) ne sera installée à Motu Uta que le 4 septembre. Les antennes du Montcalm ont bien capté l’annonce de l’assassinat de l’archiduc François Joseph d’Autriche à Sarajevo, relayées par Honolulu mais pour l’heure l’important est le bal à bord du navire amiral Montcalm.

Le 3 août, le Montcalm appareille pour les îles Sous-le-Vent accompagné de laZélée, canonnière de six-cent quatre-vingt tonneaux armée de deux canons de 100 mm, quatre de 65 et six de 37. La Zélée est commandée par le lieutenant de vaisseau Maxime Destremau, un des pionniers sous-mariniers. Il est secondé par l’enseigne de vaisseau Barbier. La canonnière Zélée mise à l’eau en 1899 est vieille et sujette à de nombreuses avaries et pannes. Son commandant et son équipage, les défenseurs héroïques du 22 septembre ne savent pas encore qu’ils vont bientôt entrer dans l’histoire.

Alors qu’elle précède à faible vitesse le navire amiral Montcalm, la Zélée est immobilisée par une grave avarie au large de Raiatea. Le Montcalm lui porte assistance et la remorque jusqu’au mouillage de Raiatea.

La nouvelle de la guerre leur est apprise à Raiatea par le Talune, cargo assurant la ligne Auckland- Papeete par Raiatea et Rarotonga.

Le Montcalm décide de regagner sa base d’Extrême Orient via Nouméa laissant la Zélée rejoindre Tahiti par ses propres moyens et charge Destremeau d’organiser la défense de l’île en sa qualité de commandant d’armes. Cette prérogative de commandant d’armes lui donne alors droit de réquisition et ses décisions vont rencontrer aussitôt l’arbitraire du gouverneur des EFO William Fawtier.

Deux grands croiseurs allemands le Gneisenau et le Sharnhorst cuirassés de onze mille cinq cent tonnes armés de huit canons de 210, six de 150, vingt de 88, quatre de 37 ont quitté la colonie allemande de Tsing Tao. Le 23 août 1914, le Japon a déclaré la guerre à l’Allemagne. Début septembre, vingt-trois mille soldats japonais et mille cinq soldats britanniques débarquent dans la péninsule de Shandong et attaquent les cinq mille cinq cent défenseurs de la colonie de Tsing Tao. L’enclave allemande se rend le 7 novembre 1914. Les trois mille sept cent prisonniers allemands sont transférés et internés dans le camp de Brando au Japon. L’annexion de cette colonie par le Japon prépare l’escalade vers le second conflit.

Le Gneisenau et le Sharnhorst  sont escortés de petits croiseurs légers de trois mille cinq tonneaux armés de six pièces de 105 et huit de 52 : l’Emden, le Nüunberg et le Leipzig

Les archipels des Etablissements français de l’Océanie sont sur leur route, l’escale de Tahiti disposant d’un stock permanant de charbon environ six mille tonnes d’excellent cardiff et des vivres abondantes.

Revenu à Papeete, Destremeau organise immédiatement la défense de l’île avec les moyens humains et militaires dont il dispose soit une quarantaine de marins, une soixantaine de coloniaux et une cinquantaine de volontaires surnommés les fe’i  (Variété de banane de couleur orange que l’on mange cuite), à cause de la couleur kaki de leurs uniformes disparates. Destremeau ne dispose comme armement que de cent cinquante fusils. Il complète leurs rangs d'un groupe d'intervention cycliste.

 

Les pièces de la Zélée ont été démontées et mises en batterie sur l’île : un des deux canons de 100 mm avec ses trente-huit obus sur le mont Faiere, les quatre pièces de 65 mm dans sa périphérie et derrière le rideau d’arbres du littoral six pièces de 37 et six autres pièces de 37 portés sur Ford T (les autos ont été louées) pour contrer tout débarquement ennemi.

Le 11 août 1914, une fumée est signalée par les guetteurs. Mais, il ne s’agit que du Saint- Joseph de la compagnie Ballande qui arrive de Nouméa. Une autre goélette touche le même jour le port de Papeete pour informer ses défenseurs qu’un cargo allemand le Walküre charge sa cargaison de phosphates à Makatea. La Zélée est dépêchée à Makatea qui arraisonne le cargo allemand et son équipage de trente-deux hommes dont vingt allemands qui sont ramenés à Papeete.

Le 21 septembre, au lever du jour, quatre navires mouillent dans l’île de Bora Bora. Ils n’arborent aucune marque distinctive ni pavillon. Le gendarme de l’île (il s’agit du gendarme Garet), est invité à leur fournir des vivres qui lui sont payés en or anglais. Il obtempère croyant avoir affaire à des anglais. L’escadre informée de l’existence d’un dépôt de charbon à Papeete quitte l’île de Bora Bora et met le cap sur Tahiti.

Le 22 septembre, les guetteurs tahitiens allument les feux d’alerte. Le temps est gris et pluvieux. Grimpé au sémaphore, Destremeau observe l’escadre qui s’approche comme les populations massées sur les quais car l’arrivée d’un bateau dans le port de Papeete reste toujours un évènement. La curiosité est cette fois accompagnée d’une certaine appréhension.

Les croiseurs Gneisenau et Sharnhorst sont rapidement reconnus et trois salves de 65 sont tirées de la côte pour leur intimer de montrer leur pavillon de reconnaissance. Les couleurs allemandes sont levées et les cuirassiers allemands se mettent en ordre de bataille.

Destremeau donne l’ordre de faire sauter les marques de la passe. Le feu est mis au dépôt de charbon de Papeete. Les Allemands se résignent à prendre la passe pensant qu’elle peut être minée et évoluent parallèlement à la côte pour effectuer trois passes successives ouvrant le feu de leurs pièces de 210 dirigés vers le mont Faiere et ses batteries qui restent muettes pour ne pas être repérées. Dans un article Les Allemands devant Tahiti, 22 septembre 1914, paru  sous sa plume, le Dr Rollin indique que la salve unique tirée par les défenseurs de Tahiti a blessé ou tué vingt-trois allemands qui s’apprêtaient à embarquer dans une chaloupe. Cette mention est erronée. Seules les deux ou trois salves de semonce ont été tirées par les défenseurs de l’île.

La Zélée restée à quai est rapidement touchée et coule. Son pavillon sera récupéré par des plongeurs tahitiens. Le Walküre est touché à son tour mais il ne coule pas. Les  obus éclatent aussi en centre-ville. Papeete est détruit et brûle.

Les premiers coups de canons allemands ont provoqué un exode instantané des populations qui sont parties se réfugier dans les vallées intérieures. Le gouverneur Fawtier et ses préposés ont aussi abandonné Papeete avec les fuyards. Fawtier qui a préconisé de hisser le drapeau blanc et de se rendre est alors reconduit de façon énergique et autoritaire par Destremeau.

Seuls sont restés les défenseurs de la ville de la Ville qui se recroquevillent tant bien que mal sous les éclats des explosions et la courageuse Jeanne Drollet pour le maintien des liaisons téléphoniques entre les principaux postes de défense de l’île.

Le bombardement fait deux morts : un chinois et le chauffeur de M. Vermeersh foudroyés devant le magasin Sun Lung Chong.

L’escadre allemande se retire finalement pour gagner les Marquises.

Destremeau a gagné mais sa victoire sera rapidement amère par son discrédit fomenté par le gouverneur Fawtier qui jouera l’insubordination, les menaces du commandant de la Zélée pendant le bombardement et après le départ des Allemands face à son autorité. Le gouverneur Fawtier doit rapidement retourner à son avantage l’humiliation de sa fuite de Papeete et ses compassions intéressées pour la protection des intérêts allemands de la colonie. Un arrêté du 24 septembre 1914 impose aux sujets allemands possédant sur le territoire de la colonie des biens meubles et immeubles une contribution extraordinaire de 1000 000 de francs.

Son secrétaire général Thomas Dornier est rapidement dépêché aux Fidji auprès du vice-amiral Huguet pour lui intimer de regagner Tahiti et de réinstaurer son autorité. Destremeau plus militaire qu’administrateur civil ne saura se défendre face aux attaques de Fawtier ainsi qu’aux interrogatoires de Huguet revenu à Tahiti. Relevé de ses fonctions, Destremeau quitte Tahiti sur le Montcalm. Il retrouve sa famille en France mais très affecté par la sanction, Maxime Destremeau décède trois mois après son arrivé. Il faudra attendre l’intervention de l’administrateur Mercadet qui est désavoué à son tour par le gouverneur Fawtier pour que Maxime Destremeau soit réhabilité comme le vrai défenseur de la défense de Papeete ce 22 septembre 1914.

Les premiers engagements de natifs et de résidents d’Océanie seront  volontaires. Ils se compléteront avec la levée de la conscription  de  départs collectifs.

Les Tahitiens seront engagés sur les fronts des frontières et dès la fin 1916 celui du front d’Orient.

Le bataillon d’étape du Pacifique devenu bataillon de marche sera engagé dès la fin de l’année 1917 et en 1918 dans les combats de l’Ailette et de Vesles-et Caumont où le BMMP sera cité à l’ordre de la Xème Armée.

Les départs

 

Aux premiers engagements volontaires individuels de natifs et de résidents d’Océanie succèdent une dizaine de départs collectifs de volontaires et de conscrits tahitiens.

 Le Docteur Ferdinand Cassiau a rejoint la Métropole comme Monsieur Lebahr  Président du tribunal de première instance de Papeete, cité en 1916 pour s’engager respectivement comme médecin militaire et canonnier au sein du 10ème régiment d’artillerie. M. Gérard de Makatea demande le 3 septembre 1914 à regagner le front. Le Gouverneur lui accorde un passage sur le pont d’un navire pour San Francisco. Les réservistes Malinovski, Gérard, Sebillo, Monard sont autorisés à quitter Tahiti pour gagner la France. Edouard Ahnne  étudiant en chirurgie dentaire en Europe s’engage au 35ème de ligne de Besançon. Le 23 octobre 1914, Sicard âgé que de 19 ans, le docteur Bachimond et Guennot s’embarquent pour les Etats- Unis.

A San Francisco, les volontaires gagnent en train la côte est des Etats- Unis pour toucher l’Europe après une trentaine de jours de voyage.

 Pierre Bernière étudiant en France s’engage au 21ème d’Infanterie coloniale.

Marcel Flejo et Adrien Lepage les imitent.

Benoit Lacharme, colon de Tahiti en Australie lors de la déclaration de guerre s’engage dans l’armée australienne.

Isaac Walker, fils d’Edmond Walker et de Louise Perry sert comme officier dans l’armée anglaise.

Le banquier polonais Krajewski dont la banque est mise sous séquestre s’engage dans la légion étrangère.

Georges Darsie, petit fils d’Alexandre Salmon et la princesse Ariitaimai s’engage dans le corps des chameliers d’Egypte et combat en Afrique du Sud.

Le 21 mars 1915, un premier groupe issu embarque  sur le « Saint Francois » pour la Nouvelle Calédonie :

Gaston Largeteau, Joseph Quesnot, Marcel Bonnet qui réengagera en 1941, Gaston Verhaeghe, François Vincent, Ellie Juventin, Paul Bouzer et Teaue Salmon.

De Nouméa, ils sont dirigés vers la France et affectés dans des unités diverses.

Le 20 mai 1915, le Marama débarque à Sydney un groupe de 27 volontaires et de réservistes :

– Classe 1886 : Boutte,

– Classe 1898 : Fouquet,

– Classe 1891 : Giret, Fontane,

– Classe 1893 : Billon,

– Classe 1907 : Berest,

– Classe 1912 : William Bambridge, Adrien Vernaudon, Alfred Jamet, Paul Vidal,

– Classe 1913 : Adolphe Laharrague, Jean-Baptiste Bonnet, Emile Largeteau, Edmond Laurent, Martin Neagle, Mataihan Domingo,

– Classe 1914 : Teroo Bourgeois, Benjamin Ceran, Alfred Coppenrath, Maurice Lehartel, Paul Mercier,

– Classe 1915 : Alexis Alexandre, Anthony Bambridge, André Drollet, Louis Graffe, Orla Johnston, John Robson,

 

A partir de janvier 1916, il est fait appel aux océaniens de nationalité française avec la conscription.

La mobilisation s’effectue cependant qu’à Tahiti, à Moorea, et aux Tuamotu car les « sujets » des Iles-Sous-le-Vent et des Marquises ne peuvent être incorporés que comme volontaires en application de la loi d’annexion de 1880.

Pendant les six premiers mois de l’année 1916, sept contingents de volontaires sont embarqués successivement pour Wellington en Nouvelle Zélande (les navires appartenaient à l’Union Steam Ship Company), l’Australie, puis la Nouvelle Calédonie :

 

–        145 hommes sur le « Maitai » le 21 janvier 1916 (18 tahitiens ont signé un engagement volontaire) ;

–          139 hommes sur le steamer « Moana » le 15 février 1916 conduits par le Lieutenant Lorenzi et l’Adjudant Gargon, originaires de l’agglomération de Papeete ;

–          175 sur le « Flora » le 28 mars ;

–          149 sur le « Moana » le 11 avril pour la plupart originaires de Moorea

–          200 sur le « Maitai » le 9 mai de Tahiti et des archipels.

–          76 sur le « Moana » le 7 juin conduit par Georges Spitz ;

–          22 sur le « Maitai » le 7 juillet.

 

Taua Fareura a Matimo né à Paea le 14 mai 1891 décède à bord et est immergé.

En avril 1917, trois nouveaux départs de la classe 1918 se suivent :

–          87 hommes sur le Paloona  le 13 avril ;

–          74 hommes sur le  Moana le 9 mai conduits par Lommel et Parent ;

–          12 hommes sur le Paloona , le 12 juin  1917 conduits par le sergent-major Gendre.

 

Ces contingents  totalisent environ 1 115 hommes des E .F.O.

Les volontaires sont stationnés en Nouvelle Calédonie qu’il faut un mois de mer pour atteindre.

Ainsi Pouvanaa a Oopa reste six mois en Calédonie avant de gagner le front d’Europe.

Les volontaires tahitiens ne partiront pas tous pour le front.

 

Extrait : Journal officiel des EFO du 15 novembre 1916.

 

 « Le Gouverneur des Etablissements français de l’Océanie a le regret de porter à la connaissance de la Colonie qu’il a été avisé par lettre et par radiotélégrammes de M. le Gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, du décès, à l’hôpital de Nouméa, des soldats :

–          Teraharoa a Arai, dit Terai, de Teavaro-Teaharoa, atteint de tuberculose pulmonaire, le 15 juillet ;

–          Terai a Urarii, originaire d’Afareaitu, de la classe 1916, le 6 octobre ;

–          Teriitauniua a maihi, de Haumi (Moorea), le 2 novembre.

 

Ces jeunes soldats, morts pour la France ont été enterrés avec les honneurs militaires. »

Extrait du Journal officiel des EFO du 1er décembre 1917.

Le soldat Tapu a Tepiirani, est mort à l’hôpital  de Nouméa le 21 septembre 1917.

Né en 1891, ce jeune soldat était parti pour Nouméa le 11 avril 1916, avec le quatrième contingent à bord du Moana.

Les honneurs funèbres lui ont été rendus en présence de ses camarades, et le dernier adieu a été prononcé sur sa tombe par l’officier délégué du Commandant de Compagnie ».

 

Décèdent aussi à l’hôpital de Nouméa les volontaires Aaroana a Itaia, Etienne Roo Bourgeois, Fareura a Teina, Mataua Tivau a Faufa, Paeahu a Torea, Tahiri a Teotahi, Tahiriura a Ratia a Homai, Taufareura a Hatimo, Taumataura a Pouvira, Teamo a Haapuea, Teare a Puna, Tefana a Tehereio, Teihoarii a Teihoarii, Tepuaroo a Pahia, Teriiroa a Hoata Louis, Georges Thompson, Torea a Paeho et Samuel Walker.

Les volontaires tahitiens répriment une insurrection Kanak menée par le chef Noël.

Elizera a Mai de Faa’a est tué à Hienghène.

- Citation à l’ordre du régiment avec croix de guerre. Le 14 février 1919.

 Elizera a Mai  Soldat tahitien. Très brave soldat. Belle conduite dans toutes les attaques auxquelles il a pris part. Est tombé mortellement blessé à l’assaut d’un village indigène ».

La mort d’Eliezera Titera. Sources : le mémorial calédonien

Eliezera ( Titera) est tombé lors de la traversée d’un creek après avoir tenté avec son groupe de saisir le chef rebelle « Caweath » qui avait donné l’assaut à un détachement de marins cantonné à Laborderie.

Tombés dans une embuscade, pris sous un feu croisé, deux hommes s’écroulent. Le tahitien Eliezera Titera a été touché en plein cœur. Le second un breton Jean-Baptiste Marec est grièvement blessé.

Le cadavre du tahitien est abandonné pour regagner avec Marec qui saigne abondamment le poste, afin de le sauver. Il décède deux jours plus tard.

Le lendemain matin, une patrouille fortement armée repart vers le Creek pour récupérer la dépouille mortelle du tahitien et lui donner une sépulture.

HORREUR ! Le corps du tahitien a été dépecé. Il ne reste de lui qu’un os de la cuisse et quelques débris sanglants.

Un nommé Saibé l’a dépecé pour le porter à Paetou convalescent.

Paetou est le sorcier de Pombei, village de la haute Tiwaka. Il exhorte les canaques à la guerre contre les blancs plutôt que d’être incorporés dans leur rangs et partir au front.

Les canaques qui donnent la main aux blancs pour la guerre européenne seront tués par le diable canaque. Il faut au contraire tuer les blancs prendre leur coeur et le donner aux chefs canaques pour détourner les maléfices du diable.

Fin 1916, les recrutements forcées dans les tribus mélanésiennes du Nord font que beaucoup des hommes prennent le maquis et vont constituer les troupes de chefs de guerre. La battue aux volontaires par les recruteurs s’accompagne de peines d’emprisonnement de quinze jours pour les chefs et d’amendes.

Le chef « Noël » a été investi par ses pairs comme chef de guerre. Après des actions de guérilla sanglantes, traqué, trahi il sera décapité par un arabe du nom de Ahmed Ben Mohamed.

Cuit sur des pierres chaudes, les morceaux ont été partagés entre le sorcier et les vieux de la tribu.

Le foie placé dans une feuille de bananier remis de Caweath à Noêl en réponse à la monnaie noire que le second avait envoyé (la monnaie noire est une alliance de guerre scellée, réconciliant les deux anciens ennemis).

 

 

 

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Les Poilus du corps expéditionnaire tahitien

embarqué le 21 avril 1941 sur le S/S Monowai.

Article publié dans la Dépêche d'avril 2014

 

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Le 21 avril prochain sera la date anniversaire du départ des trois cent Tamari’i Volontaires du corps expéditionnaire tahitien, embarqués en 1941 sur le Monowai pour poursuivre la lutte aux côtés des forces alliées. A l’aube des commémorations du centenaire de la première guerre, la mémoire collective a oublié que six poilus Tahitiens de la Grande Guerre, anciens du Bataillon mixte de marche du Pacifique (BMMP) et de l’Armée d’Orient,avaient répondu à nouveau à l’appel du capitaine Félix Broche [1] pour venir au secours de la Mère patrie, et avec eux pour les conduire le Docteur Louis Rollin, deux fois blessé et six fois cité pendant la grande Guerre.

[1] L’officier des îles - François Broche, sortie ce 17 avril 2014.

Interview :

Jean-Christophe SHIGETOMI : les poilus Tahitiens qui embarquent avec le corps expéditionnaire tahitien sur le Monowai ce 21 avril 1941 sont six. Il s’agit de Paul Sanford, le père de Francis Sanford, qui est âgé de quarante-huit ans, de Marcel Bonnet et de TeremaiPutoa, âgés tous les deux de quarante-cinq ans, d’Albert AriihoroManutahi dit Paepaeet de Charles Terorotua âgés de quarante-et-un ans et enfin de ArapaArapa âgé de quarante-trois ans. Avec eux, le Docteur Louis Rollin, âgé de cinquante- deux ans ( Voir ci-après) :

Pouvana a Oopa, également ancien poilu, envoie pour sa part à la guerre son fils Marcel MarcantoniOopa qui est déjà père de deux filles. Parmi, les volontaires Tahitiens de 1941, beaucoup d’entre eux ont aussi des aînés qui ont participé à la Der des Der.

° Paul Sanford, fils de Maria Sanford est né le 30 septembre 1892 à Mahina. Le 6 juin 1916, il est incorporé au détachement de Tahiti, passe à la compagnie n° 1 de Nouméa le 7 juin 1916. Soldat de 1° classe le 25 novembre 1916, il embarque pour la France le 3 décembre 1916. Il est affecté au 22° Régiment d’infanterie coloniale le 15 février 1917 puis le bataillon mixte du Pacifique le 21 mai 1917.

° Ariihoro Albert Manutahi dit « Papepae » fils de Paepaeupoo a Manutahi et de Teroroteuamea a Fariuriu, né le 15 décembre 1899 a embarqué le 10 novembre 1917, sur le vapeur El Kantara qui touche Marseille le 30 janvier 1918. Il est incorporé dans le Bataillon mixte du pacifique le 16 février 1918 pour intégrer successivement la 4° compagnie le 1er avril 1918, la 5° compagnie le 1er mai 1915. Engagé dans l’Oise en juin 1918, enseveli, il est évacué commotionné le 2 octobre 1918.

Lors de la mobilisation de 1939, affecté au détachement de Tahiti, il est classé « affecté spécial » car il est père de sept enfants. Engagé volontaire le 13 janvier 1941, nommé caporal le 1er février 1941, il sera de toutes les campagnes du bataillon du Pacifique.

° Teremai a Putoa né le 10 novembre 1895 à Mahina, fils de Faanonoa a Putoa et de Hutiaa Etaeta, alors élève charpentier est incorporé au détachement de la compagnie d’Infanterie coloniale de la Nouvelle-Calédonie le 1er février 1916 et versé comme soldat de 2° classe. Embarqué à Papeete le 15 février 1916, il stationne à Nouméa du 20 mars 1916 au 4 juin 1916 avant d’embarquer pour la France et toucher Marseille le 11 août 1916.TeremaiaPutoa sert au 22° régiment d’infanterie coloniale, affecté à la 29ème compagnie. Il passe le 16 août passe au dépôt de la 17ème division coloniale de l’Armée d’Orient qui sera engagé à Salonique.

° Marcel Bonnet né le 8 septembre 1895, fils de Léonard et de Marie Yvonne Lalou est incorporé le 1er avril 1915 pour être affecté au dépôt de la 15ème division d’infanterie coloniale en décembre 1915, au 5ème Régiment d’infanterie coloniale en février 1916, au 8ème Régiment d’infanterie coloniale de décembre 1916 à octobre 1916, au 29ème colonial de janvier 1917 à août 1917. Il participe notamment aux campagnes de Tunisie, est titulaire de la médaille coloniale avec agrafe Tunisie 1917-1918. Il passe au 127ème bataillon de tirailleurs sénégalais (BTS) le 1er août 1918, puis au 131ème B.T.S le 28 septembre 1918, embarque le 27 octobre 1918, pour rejoindre l’Armée d’Orient à Salonique qu’il touche le 3 novembre 1918. Passé au détachement d’infanterie de Salonique le 1er février 1919, il réembarque de Salonique le 4 février 1919 pour débarquer à Saint-Raphaël et retrouver le BMP le 17 février 1919.

° Charles Terorotua caporal de la grande guerre est né le 14 juin 1899 à Mataiea. Il décèdera de maladie à Beyrouth le 13 novembre 1942.

° Arapa Arapa né le 9 février 1898 à Papeete, engagé volontaire le 2 mai 1917 a embarqué le 11 mai 1917 pour Nouméa. Il embarque sur le S/S Kantara le 10 novembre 1917 pour débarquer à Marseille le 30 janvier 1918. Il passe au bataillon mixte du Pacifique le 16 février pour être engagé le 9 juin 1918. Il est évacué le 2 octobre 1918 fortement commotionné.

Comme son camarade Ariihoro Manutahi dit « Papepae » il est cité : « agent de liaison remarquablement brave et dévoué, remplaçant volontairement ses camarades mariés, quand le bombardement était violent ». ArapaArapa engagé à BirHakeim participera aux combats de la côte 92 à El Alamein et aux campagnes de Tripolitaine et de Tunisie avant d’être rapatrié à Tahiti.

LE DOCTEUR LOUIS, CHARLES, FREDERIC ROLLIN.

Jean-Christophe SHIGETOMI : Si Louis Rollin fut un médecin reconnu des Etablissements français d’Océanie (E.F.O), il fut aussi un Soldat de la grande guerre, deux fois blessé et cité six fois.

Le taote Louis Rollin âgé de cinquante-deux ans, s’engagera à nouveau en septembre 1940 et accompagnera les Tamari’i Volontaires du corps expéditionnaire Tahitien jusqu’au Moyen Orient.

Louis, Charles, Frédéric Rollin de la Faculté de Médecine de Paris, ancien interne de l’hôpital psychiatrique de la Somme, de l’hôpital Saint-Louis de Boulogne sur-merest arrivé en Océanie comme Médecin contractuel de la Compagnie Française des Phosphates de l’Océanie, à Makatea en juillet 1920 où il séjournera jusqu’en juin 1923.

A partir de juin 1923, il sera le Médecin contractuel du Service Local des E.F.O et sera affecté dans le groupe des îles Marquises où il séjournera jusqu’en avril 1928. Il y occupera du 15 juillet 1929 au 30 août 1930 les fonctions d’Administrateur.

La population des îles Marquises de vingt mille âmes en 1842 ne recense en 1926 plus que deux mille marquisiens. Lors de son séjour de six années aux îles Marquises, le taote Rollin va endiguer la mortalité infantile et les maladies qui déciment les populations locales. Il va parcourir inlassablement sur une petite embarcation l’ensemble des îles marquisiennes pour apprendre aux mères comment soigner leurs nourrissons (la mortalité infantile représente alors le quart des décès) préconisant le lait de chèvre sucré pour leur alimentation et inculquer des mesures d’hygiène élémentaires.

En 1956, la population marquisienne aura réussi à doubler pour atteindre quatre mille habitants.

Le Docteur Louis Rollin dans la Grande Guerre (1914-1918) [1].

[1]Tamari’i Volontaires, les Tahitiens dans la seconde guerre mondiale. Jean-Christophe Teva SHIGETOMI

Louis Rollin a effectué son service militaire en 1909 en qualité de 2ème canonnier-conducteur au 22ème régiment d’Artillerie de campagne à Versailles.

Mobilisé le 3 août 1914 comme Médecin auxiliaire, Louis Rollin est affecté au 22ème Régiment d’artillerie, puis comme Médecin Aide-Major de 2ème classe au 28ème Régiment d’Infanterie.

Le Médecin auxiliaire Louis Rollin va participer aux combats des frontières, à la bataille de la Marne en 1914, aux combats d’Artois en 1915, où il est blessé une première fois le 3 juillet 1915 par un éclat d’obus dans le genou gauche. Il refuse d’être évacué pour ne pas être séparé de son corps et reçoit les premiers soins à l’ambulance divisionnaire.

A Verdun, l’Etat-major allemand a décidé de saigner l’armée française. Le Médecin-aide major de 2ème classe Louis Rollin prodigue ses soins aux hommes de toutes unités que les marmites déciment et les évacuent sous les bombardements. Il est cité une première fois par Ordre 148 de la VI ème D.I (23 mai 1916- Verdun) ;

Le 16 avril 1917, le général Nivelle engage l’offensive. Au Chemin des Dames, le terrain est découvert et battu par la mitraille. Les pertes françaises sont très lourdes : cent mille français sont tués en quelques jours. Au mépris du danger, le Médecin major Louis Rollin va s’exposer une fois de plus avec courage pour porter secours aux nombreux blessés d'artillerie et d'infanterie. Il est cité une seconde fois par Ordre 12 de l'AD 39 du 20 ème CA (23 avril 1917 - Chemin des Dames.

Pendant les mois de mai, de juin et de juillet, le Médecin major Rollin va occuper les postes de secours qui sont placés à proximité immédiate des batteries soumises à un feu violent afin de prodiguer plus rapidement ses soins aux blessés ou aux malades du Groupe.

Les 24 juin et 25 juillet, il n'hésite pas à se déplacer dans une zone battue en permanence par des obus asphyxiants pour soulager de nombreux canonniers intoxiqués. Le Médecin Major Rollin estcité pour la troisième fois par Ordre de l'A.D.6 du 3ème C.A (28 août 1917- Chemin des Dames) ;

Lors des combats du 10 au 15 août 1918, dans l’Oise, le Médecin de Bataillon organise l'évacuation des blessés sous un bombardement des plus violents et dans des circonstances particulièrement difficiles. Il est cité une quatrième fois par Ordre 345 de la VIème D.I (15 septembre 1918-Oise).

Avec un calme et un sang-froid admirables, Le Médecin du Bataillon Rollin pendant les combats de Champagne se porte sous les bombardements les plus violents le plus près possible des lignes de feu pour assurer dans le minimum de temps des soins aux blessés Le 20 octobre 1918, à Sissonne une balle de mitrailleuse lui blesse la cuisse droite. Il refuse de se laisser évacuer. Le Taote Rollin est cité une cinquième fois par Ordre 354 de la VIème D.I (20 novembre 1918- Champagne) ;

Le 9 novembre 1920, Louis Rollin sera fait Chevalier de la Légion d'honneur.

Il soutiendra une thèse de doctorat cité dans les traités d’enseignement chirurgical : "les plaies du diaphragme en chirurgie de guerre".

Louis Rollin est Croix de Guerre 1914-1918, titulaire de la Médaille des Blessés, la Médaille de Verdun, Croix du Combattant et Médaille Interalliée. Et Médaille de la Victoire 1918.

En 1971, il sera fait Grand Officier de l'Ordre National du Mérite. En 1957, il reçoit la Cravate de Commandeur de la Légion d'Honneur. Il est par ailleurs médaillé de la Résistance, a reçu la Croix du Combattant Volontaire 1939- 1945, la Médaille de la France Libre, la Médaille Commémorative de la Guerre 1939-1945, la Médaille du Levant, la Croix d'Officier du Mérite Syrien, la Médaille du Dévouement (Croix Rouge française), la Cravate de Commandeur de l'Etoile Noire avec plaque, la Médaille d'Officier de la Santé publique.

Le 18 décembre 1941, nommé médecin-chef des territoires de l’Est Syrien à Deir-ez-Zor, le docteur Louis Rollin apporte inlassablement une assistance médicale aux tribus nomades du désert de Mésopotamie (Euphrate et Djezireh).  Il est nommé Officier du mérite syrien pour les soins donnés aux bédouins pendant les sévères épidémies de typhus et de variole de 1942 et de 1943

A la fin des années 1950, il sera l'auteur d'un manuel rédigé en langue française et tahitienne : "Loin du Médecin, manuel à l'usage des collectivités isolées sans formation sanitaire".

 

MOURIR A GABA TEPE

Article publié dans la dépêche d'avril 2014.

Retrouvez le texte intégral dans

POILUS TAHITIENS

à paraître

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Les fiches signalétiques des Poilus Tahitiens semblent indiquer qu’aucun d’entre eux n’a débarqué de vive force le 25 avril 1915 dans la péninsule de Gallipoli, exception faite de Charles Edmund Lyle Young.

Sergent dans le 16ème Waikato du Régiment d’Auckland, natif de Tahiti, Charles Edmund Lyle Young âgé de 23 ans, à bord du Lutzow attend d’être emmené vers la plage. Il sera parmi les premiers soldats néo-zélandais à débarquer.

Charles Edmund Lyle Young matricule n°12/894 est né à Tahiti en 1898. Il est le fils de James L. Young et de Mary Stringer. Il est scolarisé au King ‘s Collège à Auckland de 1902 à 1907. Résident de Tuakau en Nouvelle Zélande, il s’engage dans le bataillon d’infanterie d’Auckland et embarque le 16 octobre 1914 pour Suez en Egypte à bord du Star of India ou du Waimana où il débarque le 4 décembre.

Il stationne en Egypte jusqu’en avril 1915 avant d’être engagé le 25 avril à AnzacCove à Gallipoli.

Son embarcation fait immédiatement l’objet de tirs épars des Turcs. Leur Colonel[1] qui a sauté à l’eau, jusqu’à hauteur de poitrine ouvre la marche.

[1] Le Lieutenant-Colonel ArthurPlugge, officier anglais est né à Hull le 2 juillet 1877. Il émigre en Nouvelle Zélande en 1899 où il enseigne les sciences au King’sCollege à Auckland. Il commande le bataillon d’infanterie d’Auckland.Le 25 avril, il sera légèrement blessé au coude par un éclat. Plugge sera blessé une seconde fois, le 8 mai, lors de la seconde bataille de Krithia. Evacué sur Malte, il contracte la malaria qui nécessite son transfert sur l’Angleterre. La santé retrouvée, il retrouve son commandement à Gallipoli pour l’évacuation de ses hommes. Il est nommé à la tête du 1er bataillon d’infanterie d’Auckland, composante de la 1ère brigade d’infanterie néo-zélandaise qui sera engagée sur la Somme.]

Les anglais vont débarquer en deux points opposés :

-          Les douze mille ANZAC sur le rivage ouest, autour de GapaTepe. Ils doivent prendre la péninsule en écharpe et conquérir de vive force les hauteurs pour foncer sur Maïdos ;

Les anglais des troupes d’élite de la 29ème division au sud de Seddul Bahr au cap Tekké. Ils doivent s’installer sur la colline d’Achi Baba de deux cent mètres de hauteur à neuf kilomètres de Cap Hélles.

La bataille des cinq plages autour du Cap Hellès débute à l’aube du 25 avril. Ces cinq plages sont désignées par les lettres S, V, W, X et Y.

Plage Y

Au nord, les Marines écossais débarquent sur la plage dite Y comme Yvonne, située à sept cent mètres à l’est du Cap Tekké. Les Borderers du Colonel Koë escaladent sans trop de difficultés la falaise mais dans leur descente, ils sont accueillis par une pluie de balles qui leur barre la route du village de Krithia qui doit les mener au mont Achi Baba par l’ouest. Débordés par les troupes turques armées de mitrailleuses et de canons Hotchkiss, les survivants du 1er King’Own Scottish Borderers et des Royal Marines de Plymouth doivent réembarquer. Leur colonel plusieurs fois blessé est laissé pour mort sur le terrain.

Plage X

Le débarquement des Royal Fusiliers sur la plage suivante dénommée X comme Xerxès, crique inhospitalière dominée de falaises abruptes au nord-ouest du dispositif est plus facile. Leur débarquement est protégé par les pièces du cuirassé anglais Implacable (il va donner son nom à la plage). Le Capitaine Lockyer commandant le navire a pris le risque de s’ancrer à moins d’un mètre d’eau sous sa quille pour arroser de ses pièces les défenses turques et permettre aux Royal Fusiliers de se retrancher dans les rochers. Le matin du 26 avril, les Innishkilling Fusiliers vont longer le littoral jusqu’à la colline 114 et porter secours aux troupes débarquées sur la plage W.

Plage W

Les fusiliers du Lancashire débarquent sur la plage W comme Winston, plage de quatre cent mètres situé entre les caps Hellès et Tekké. Les fusiliers du Lancashire entraînés par le général Hunter Weston chef de la 29° division vont subir de lourdes pertes face aux deux redoutes des crêtes, bardées de barbelés et de mitrailleuses.

Plage V

Pour soutenir le feu des pièces turques, dirigées vers la plage V située entre le Cap Héllès et le château de Seddul Bahr, le commandant Unwin a fait échouer sur la plage, le vapeur River Clyde et offrir ainsi une protection contre les balles aux deux mille fusiliers de Dublin et du Munster, les hommes du demi-bataillon du 2ème Hampshire. Ils vont rester plusieurs heures entassés dans les cales blindées accablés de chaleur et de soif pour en sortir sourds sous les martèlements incessants des impacts de balles et aveugles par la poussière répandue. Malgré la protection des douze mitrailleuses Maxim en proue, ceux qui tentent de débarquer sont massacrés par les tirs de mitrailleuses turques. Les survivants restent bloqués derrière une banquette de sable.

L’aviateur Samson survolant la plage V notera que la mer est rouge de sang sur plus de cinquante mètres.

Les Lancashire et les Worcestershire en renfort de la plage W tentent de prendre les Turcs à revers mais sont arrêtés par les barbelés.

La nuit favorisera le mouvement des hommes de la plage V qui gagnent les falaises, rejoints par ceux du River Clyde. Les mille hommes après trente-six heures de combat sans sommeil vont reprendre le combat pour enlever le château de Seddul Bahr, le village et la colline 141 où ils se font tuer un à un. Leur colonel Walfrod est abattu ainsi que son adjoint Doughty- Wilie.

Les ANZAC

A l’aube sur le cuirassé Prince of Wales en station à quelques trois mille mètres de la côte, le 10ème bataillon d’infanterie australien gagne en silence les canots de débarquement. Par trains de quatre canots remorqués par un vapeur, le convoi est dirigé vers la côte. Le vapeur les abandonne à une cinquantaine de mètres du rivage, les hommes sur leurs canots prennent le relais en ramant.

Les quatre mille hommes de la 1ère division australienne, emmenés par le général sir William Birdwood doivent débarquer en trois vagues successives, sur un front d’environ de deux mille mètres. Le succès de l’assaut repose sur la rapidité et la surprise. Les ANZAC une fois débarquées, ont pour mission de gagner l’intérieur des terres et d’occuper trois collines dominantes situées à environ deux kilomètres de la plage. Le premier objectif atteint, les autres vagues d’assaut, protégées par les premiers postes établis sur les hauteurs, débarqueraient pour installer une ligne organisée, à trois ou quatre mille mètres plus loin.

Malheureusement, un courant non reconnu, déporte les ANZAC de leur zone de débarquement prévu à un mile au nord de Gaba Tepe. Les ANZAC vont débarquer dans une crique située entre Ari Burnu au nord et HellSpit au sud connue sous le nom d’AnzacCove (crique de l'ANZAC).

Les Turcs prétendront qu’ils ont déplacé intentionnellement une bouée de marquage, mouillée la veille. La première vague d’assaut des ANZAC débarquée trop au nord trouve devant elle un promontoire étroit protégée par les fortifications d’Ari Burnu à défaut des deux mille mètres de plage attendus, et des escarpements quasi infranchissables.

Lorsque les premiers canots de la 3ème brigade de la 1ère division australienne touchent le littoral, les Turcs déclenchent un feu d’enfer. Les ANZAC qui sautent des embarcations sont fauchés par les tirs nourris des Turcs. Le tir plongeant des mitrailleuses turques essaiment les canots suivants bondés d’hommes. Un grand nombre des embarcations est détruit (elles ne sont pas blindées) et beaucoup de leurs occupants mis hors de combat, tués ou noyés.

Les survivants se sont jetés à l’eau courent sur le sable et enfoncent à l’arme blanche la première ligne de défense turque. La seconde tranchée turque est sur le sommet des dunes couverte de buissons.

Se débarrassant de leurs équipements lourds, les ANZAC entreprennent de gravir le sommet de la première colline qu’ils occupent vers six heures, puis la seconde crête et la troisième colline à sept heures. Des hauteurs, les ANZAC aperçoivent le bras de mer des Dardanelles.

La brigade néo-zélandaise[1]débarque avec pour mission de prolonger l’attaque australienne sur leur gauche que les troupes ottomanes de première ligne ont abandonnée.

[1]La Nouvelle Zélande se divisait en quatre districts militaires nommés suivant les provinces d’Auckland, de Wellington, de Canterbury and d’Otago. Chacun de ces quatre districts disposait de quatre compagnies réparties selon leur géographie. Le régiment d’Auckland était composé de quatre compagnies : la 3° compagnie d’Auckland), la 6° compagnie d’Hauraki, la 15° compagnie du Nord d’Auckland et la 16ème de Waitako.

Le 16ème Waikato ouvre la marche pour s’engager sur la route qui serpente vers le plateau. La ligne de crête franchie, les hommes qui descendent dans les pentes de « Baby 700 » sont alors soumis à un feu sévère des Turcs qui désorganisent leurs rangs. Le corps expéditionnaire néo-zélandais ne se constitue que d’une seule brigade d’infanterie couplée à la 4ème brigade australienne pour former la division mixte qui va combattre à Gallipoli.

La résistance turque ne leur occasionne que peu de pertes en hommes. En revanche, les chalands transportant leur artillerie de montagne pris sous le feu des canons ennemis doit rebrousser chemin.

Les hommes longent la plage étroite et entreprennent de gravir le sommet d’une petite colline où ils se regroupent. Ils abandonnent leurs sacs.

Leur mission est de se diriger vers Ari Burnu tandis que la 3ème compagnie traversera Gully. Un contre-ordre leur intime cependant de se porter au centre qui montre un signe de rupture et qui nécessite de l’aide.

Le sergent Young tombe à la tête de sa section touché à mort par un shrapnel. Ses hommes l’évacuent immédiatement en vain. Les néo-zélandais vont perdre 153 hommes tous issus du bataillon d’infanterie d’Auckland dont une très large proportion du 16° Waikato.

Beaucoup d’autres vont tomber dans cette vallée qui sera surnommée la Vallée des shrapnels. Young est inhumé au cimetière des ANZAC du Lone Pine Memorial en Turquie.

Privés du soutien de leur artillerie, les Néo-Zélandais passent à l’offensive sous le déluge de feu particulièrement bien ajusté des obusiers turcs.

Les snipers turcs vêtus d’uniformes et de gants verts cachés dans les arbres abattent les hommes et officiers. Ils surgissent du moindre buisson alors que leurs obus écrasent la plage.

Dans la plaine, les combats ont lieu au corps à corps. Des compagnies perdues dans les hautes herbes sont cernées et massacrées avec leurs officiers. Les turcs mettent le feu aux buissons d’épineux : les morts et les blessés brûlent.

Une batterie de montagne indienne déplacée à dos d’homme réussit à se hisser sur une position favorable et apporte aux Néo-Zélandais un appui de feu de soutien.

A défaut de progresser, les Néo-Zélandais vont se limiter à conforter leur position.

Le jeune général turc Mustapha Kemal commandant la 19e Division engage ses hommes dans une marche forcée sur les chemins rocailleux d’Ari Buru. Il regroupe les fantassins turcs qui refluent en désordre pour les lancer dans une contre-attaque improvisée baïonnette au canon, leurs munitions épuisées contre les premiers groupes de combat australiens qui gagnent les crêtes.

Mustapha Kemal : « Je ne vous ordonne pas d’attaquer, je vous ordonne de mourir ».

Les australiens repoussent la contre-attaque mais leur progression stoppée, ils doivent se replier sur leur ligne de départ.S’engagent alors de durs combats pour le contrôle des crêtes près d'une butte appelée Baby 700. La butte change de mains à plusieurs reprises.

Les Turcs, qui occupent Battleship Hill prennent l’avantage et l’occupent définitivement.

Les Turcs essayent de repousser les ANZAC à la mer par diverses contre-attaques mais ils ne peuvent les déloger de leurs positions conquises.

Les Turcs construisent des tranchées au-dessus des hauteurs qui surplombent les alliés acculés sur le littoral qui s’enterrent à leur tour.

Il fait très chaud, les hommes et les chevaux ont soif. Gallipoli devient vite comme sur le front d’Europe, une guerre de position où s’installe l’incertitude mais aussi rapidement la malaria, la dysenterie, la dengue :

« Damned Dardanelles ».

Cette guerre de position sanglante se poursuivra jusqu'au mois d'août.

Le débarquement de diversion des Français à Kumkale sur la côte asiatique des Détroits, soutenu par les canons de marine du contre-amiral Guépratte est une réussite. Les sénégalais et les zouaves acheminés par canots débarquent sous les salves des Turcs retranchés dans le fort. Un obus anéantit la 10ème compagnie du lieutenant Bonativa. Les Turcs sont délogés à la baïonnette et refluent vers le village qui est pris.

Mais l’ennemi s’est embusqué dans le cimetière et fait toujours feu sur le village. Le Colonel Ruef débarque avec la seconde vague d’assaut et une pièce de 75. Un second assaut est donné par les en vain, qui se font massacrer. Ruef donne l’ordre de se retrancher pour la nuit. Le génie déploie des fils de fer barbelés qui vont arrêter quatre contre-attaques turcs. Le lendemain, les Turcs hissent le drapeau blanc, quatre-vingt ennemis se rendent suivis de plusieurs centaines mais qui sans abandonner leurs armes s’infiltrent dans le village, prennent deux mitrailleuses qu’ils retournent contre les français qui ripostent. Le village est évacué et deux navires soutiennent la batterie de 75 débarquée. Le feu est intense, les Turcs se rendent : un officier et huit hommes sont fusillés par représailles à la félonie, cinq cent d’entre eux sont embarqués pour être exhibés en Egypte. Le coût de l’opération est lourd : sept cent soixante-dix-huit soldats ont été tués ou blessés dont vingt officiers.

Dans la nuit du 26 avril, les Français sont acheminés en renfort sur la plage V. Sept divisions turques venues du Caucase et de Thrace sous les ordres du général allemand Liman Von Sanders renforcent le secteur. Les Français du 175ème d’infanterie sont attaqués dans la nuit du 27 avril par les unités turques expérimentées qui chargent à la baïonnette. Les trois-quarts des officiers, un homme sur quatre du 175° sont tués. Les zouaves, les légionnaires, les marsouins des 6° et 4° relayent les fantassins du 175° décimés.

Le 1er mai, les soldats turcs de soixante-quinze bataillons ont rampé dans les herbes folles jusqu’aux lignes françaises et se lancent à l’assaut. Les sénégalais du 4° colonial flanchent. Un repli de huit cent mètres est ordonné. La tactique des Turcs est de coller aux lignes alliées pour empêcher la marine de riposter. Le recul des français permet aux salves de la flotte de massacrer les Turcs. Les pertes chez les Français sont considérables. Ils sont relevés le 4 mai par deux bataillons anglais. D’Almade est relevé et remplacé par le commandant du corps d’armée colonial Gouraud.

En attendant Gouraud, D’Almade garde le commandement des unités françaises (dont le 8° colonial fraichement arrivé de Marseille), qui vont être engagées le 6 mai dans l’offensive générale pour la prise de la crête d’Achi Baba aux côtés des fusiliers du Lancashire, de Portsmouth et du Worcester. La moitié de ces hommes vont être tués pendant les combats du 6, 7 et 8 mai 1915.

Le soir du 7 mai, la moitié des zouaves du 4ème gisent dans les ravins décimés par les tirs de mitrailleuses des Turcs des 20ème , 25ème et 127ème. Le 8 mai, Ian Hamilton lance à nouveau ses unités renforcées d’éléments australiens et néo-zélandais retirés du front de GapaTepe, dans un nouvel assaut. Les mitrailleuses turques fauchent les premiers rangs privés de protections dans les ravines. Dans les tranchées conquises, les assaillants se battent au corps à corps, s’étripent à la baïonnette, s’égorgent. Les Turcs résistent jusqu’à la mort, ils se font tuer plutôt que de se rendre. Les pertes britanniques de la journée du 8 mai sont de six mille hommes. Il n’est plus question de prendre Krithia ou Achi Baba.

Le Général Gouraud débarqué du cuirassé Charlemagne entend modifier les conditions du combat. Dans la nuit du 28 au 29 mai, trois sections de volontaires (trente-quatre français et trente-deux sénégalais) rampent hors de leurs tranchées pour franchir les quatre-cent mètres qui les séparent du fortin dominant le KérévesDéré réputé imprenable, tuent à l’arme blanche ses vingt-cinq défenseurs. Le fortin est immédiatement retourné contre les Turcs. L’attaque générale du 4 juin est précédée par un violent tir de barrage qui n’entame pas les positions turques : c’est un nouvel échec et les français du 175° doivent rapidement retourner sur leurs positions initiales : deux-mille cinq cent cadavres jonchent les ravins de Kéréves Déré.

 

Les Poilus de Punaauia

Article publié dans le mensuel MANOTAHI de la Ville de Punaauia

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A l’aube de la commémoration du centenaire de la grande guerre, la Ville de Punaauia a souhaité se souvenir de ses enfants partis avec les contingents successifs qui ont quitté les Etablissements français de l’Océanie à partir de l’année 1916 afin de regagner les théâtres d’opération du front de l’ouest comme celui de l’Orient.

Beaucoup d’entre eux ne sont pas revenus, décédés lors de leur convoyage, disparus ou tués en action, morts de leurs blessures ou de maladie dans les ambulances et dans les hôpitaux de campagne ou à leur retour dans leur district de Punaauia à Tahiti.Ainsi, Félix Huitua Aitamai décèdera à son retour le 19 août 1919. Le vapeur El Kantara a ramené le corps expéditionnaire tahitien en juin 1919.

Pendant les six premiers mois de l’année 1916, sept contingents de volontaires sont embarqués pour la Nouvelle Zélande, l’Australie, puis la Nouvelle Calédonie :

° Inoarii a Tehuritaua, le fils du tavanaTeriierooiterai a Teritaua et de Tetuapuamiha, né le 8 octobre 1892 à Punaauia. Il sera gazé et décèdera le 7 janvier 1919, à l’hôpital Laennec, 42 rue de Sèvres Paris ;

° Auariiroa Tiaiho de la classe 1917. Il sera tué le 26 octobre 1918 lors de l’assaut de Vesles et Caumont ;

En avril 1917, trois nouveaux départs de la classe 1918 se suivent :

Les volontaires tahitiens de Punaauia ne parviendront pas tous jusqu’au front.Certains décèdent de maladie lors de leur convoyage :

° Mauri a Taga (Tanga) décède à Sydney le 20 novembre 1916 ;

° Tepuaroo a Pahua né le 9 décembre 1890 à Punaauia décède le 4 décembre 1916 à Sydney

° Tupuoroo a Tahio décède à Sydney le 4 décembre 1916 ;

° Etienne Roo Bourgeois décède à Nouméa en 1916 ;

° Tiavairau a Teamo décède à Sydney

Partis avec le 3° contingent, certains volontaires de Punaauia sont directement intégrés dans l’Armée d’Orient etengagés dès la fin de l’année 1916 en Salonique dans les combats de la plaine de Monastir et de Florina :

° Arunuifaatomana Tumahai, né le 5 décembre 1891 à Punaauia versé au 35ème régiment d’infanterie coloniale pour être engagé dans les combats de la plaine de Monastir et de la côte 1050.

° Tetuanui Tumahai, né le 2 juin 1892 à Punaauia versé à la 17ème division d’infanterie coloniale engagé à Salonique jusqu’en mars 1918

° Paroa a Tane évacué de Salonique décède dans un hôpital d’Alexandrie.

Les autres volontaires de Punaauia seront intégrés dans le bataillon mixte du Pacifique (BMMP) ou autres unités de la coloniale ou du génie comme Tehahe Teissier.

Certains de nos volontaires seront cités pour leur bravoure ou paieront de leur vie leur audace.

Teihotua Jean Tehei est blessé lors des combats du 18 au 20 juillet 1918 et reçoit la Croix de guerre.

Extraits : le bataillon mixte de marche du pacifique Poilus Tahitiens  Jean-Christophe SHIGETOMI

Du 18 au 21 juillet, le bataillon va être engagé pendant quatre jours dans le secteur de la Cruise- Lamotte pour attaquer du 19 au 22 juillet les positions allemandes de la ville de Soissons et de la vallée de l’Aisne qui sera atteinte le 23.

(…)

A la fin du mois d’Août, un groupement mixte constitué d’une grande partie du Bataillon mixte du Pacifique est chargé d’attaquer le plateau de Pasly, à l’est du Château de Bois Roger. Les attaques vont se poursuivre sans répit jusqu’à début novembre. La bataille de l’Ailette se déroule de septembre à octobre 1918, sur les bords de la rivière l'Ailette entre Laon et Soissons dans l’Aisne. L'Ailette est une petite rivière française, affluent de la rive gauche de l'Oise. Elle prend sa source au nord de la forêt de Vauclair dans l'Aisne, non loin de Sainte-Croix (au sud-est de Laon), se dirige vers l'ouest, reçoit la Bièvre entre Chamouille et Neuville-sur-Ailette, et finit par confluer avec l'Oise à Manicamp et Quierzy entre Noyon et Chauny.

Après le succès de la bataille d'Amiens, les forces de l'Entente dirigées par le Maréchal Foch, planifient une grande offensive concentrique sur les lignes allemandes en France, les divers axes d'avance convergeant sur Liège en Belgique.

Barrant la route de Paris entre la Somme et l'Aisne, l'Ailette et son canal reliant l'Oise à l'Aisne sert de retranchement à un bon nombre de soldats de l'Armée impériale allemande.

Bien qu'elle soit une bataille largement méconnue de l'offensive des Cent-Jours lors de la Première Guerre mondiale, l'Ailette sera pourtant le théâtre de combats acharnés entre les forces françaises et allemandes pour son contrôle à partir d'août-septembre 1918, avant qu'elle ne revienne aux Français en octobre.

Le 17 août : constatant qu’entre Audignicourt et Morsain, l'armée de Von Eben s’échelonne en profondeur, Mangin passe à l’attaque dès 5 heures du matin et s’empare d’une position autour d’Autrèches.

Sur sa lancée, le lendemain à 6 heures du soir il donne l’assaut sur dix kilomètres de front et progresse de deux kilomètres faisant deux mille prisonniers tout en perdant soixante tués et trois-cent blessés, s'étant ainsi rapproché de la première ligne de VonEben.

(…)

Le 19 août : au soir, Mangin tient une ligne Bailly - Tracy-le-Val, l’ouest de Nampcel, Audignicourt, Vassens, Morsain, Nouvron, Vingré et Fontenoy.

Le 20 août :au nord-ouest de Soissons, Tartiers est pris. Terupe Tematafaarere est tué par un éclat d’obus.

Au centre, les fantassins accèdent au plateau d’Audignicourt et prennent Lombray et Blérancourdelle tandis qu’à gauche, malgré une résistance acharnée, les allemands reculent vers Ourscamp.

Au cours de ces manœuvres huit mille prisonniers sont faits. Nampcel, Carlepont, Caisnes sont repris. Le soir, près de Cuts, le Mont de Choisy qui domine la route de Noyon est enlevé. Le 330ème RI de la 132e DI progresse entre la 15 ème DI à gauche et la 2 ème DM à droite.

Le 21 août : avec l'appui des chars, Cuts est pris, perdu et repris. Blérancourt est enlevé à l’issue d’un dur combat. Sur la route de Noyon entre Sampigny et Pontoise, un raid atteint l’Oise et fait tomber les bois de Carlepont et d’Ourscamps en menaçant à revers et de l’autre côté de l’Oise, le reste du massif de Lassigny qu’Humbert (3ème armée) va occuper en bordant la Divette.

Le 22 août, la 1ère Division Bavaroise accourue à la rescousse est bousculée et dans l’après-midi, les troupes françaises bordent l’Oise jusqu’à Quierzy.

Des Tahitiens participent à des travaux du génie de la 72ème division pour permettre le franchissement des rivières comme Teriitohua Pahio et Tehahe Teissier tous deux décorés de la Croix de guerre.

Tahua a Papa de la 72° division du Génie est blessé ce 22 août en travaillant sous le feu pendant les opérations de passage.

Sur la droite, vers midi, elles occupent la croupe à l’Est de Pommiers, au Nord atteignent Bayeux et plus loin contournent Pont-Saint-Mard.

(…)

Le 28 septembre, le B.M.M.P. atteint l’Ailette et poursuit sa marche en direction de Laon.

(…)

Le 4 octobre, le sous-officier Julien Scholerman de la 3ème compagnie est tué à la tête de sa section à Pilain.

(…)

Du 20 au 30 octobre, les Tahitiens sont engagés dans la Bataille de la Serre.

Le 21 octobre, le bataillon est regroupé à Athies pour enlever le village de Vesles-et- Caumont, la ferme du Petit- Caumont, la cote 79. Poursuite en direction de la Souche, atteinte le 22 octobre et qui sera forcée le 25.

Le bataillon reçoit l’ordre de s’emparer de la ligne des tranchées allemandes au nord du petit village de Vesles-et-Caumont, village fortifié de la Hunding-Stellung, situé à vingt kilomètres au nord-est de Laon.

Le25 octobre, les océaniens traversent de nuit la zone marécageuse. Les pluies des jours précédents ont gonflé les marais. L’eau est glacée et s’étend sur plus de mille cinq cent mètres. Le canal de Buze est traversé puis celui de la Souche. Sans passerelle du génie, des hommes, l’eau jusqu’aux épaules font de leurs corps des ponts sur lesquels leurs camarades s’appuient pour traverser. Raiarii Salmon de sa forte stature offre de ses épaules un appui utile. En silence, ils se regroupent pour l’assaut prévu à l’aube.

A 5h 50, précédé du barrage d’artillerie, le bataillon s’élance.

Auariiroa Tiaiho de la classe 1917 est tué.

Timi TounThin (Timi Yeong Atin) de la classe 1916, brancardier est cité pour avoir porté secours sous le feu à son caporal mortellement blessé. Il est décoré de la Croix de guerre ;

Leurs camarades de Punaauia ne sont pas tous tués par les balles. Ils seront aussi décimés par la maladie :

Vairoa a Tehahe ;

Tepoaitutaharoa a Tauirarii ;

Extraits : le bataillon mixte de marche du pacifique Poilus Tahitiens- Jean-Christophe SHIGETOMI

Le 5 août 1917 le BMPP débarque en gare de Rouilly – Géraudot. La 2° compagnie et la CM cantonnent à Assencières à une quinzaine de kilomètres de la Ville de Troyes. Les 1°, 3° et 4° compagnies sont cantonnées à Luyères. Les poilus Tahitiens réembarquent les 25 et 26 août pour le camp de Valmy dans la Marne.

Tehaotua a Pea ne suit pas ses camarades du BMMP. Il décède à l’hôpital canadien n° 3 de Troyes le 17 octobre 1917.Il est inhumé à Suippes à une centaine de kilomètres de Troyes ;

Rochette Mauarii, né le 10avril 1883 à Punaauia, décède le 28 mai 1918 à l’hôpital complémentaire n° 6 de Sainte Garde.

Raifa (Efa) Bourgeois né le 5 février 1896 à Punaauia, décède à Cannes le 21 mai 1919 ;

Maopia Tau né le 6 avril 1894 à Punaauia décède de pneumonie à l’hôpital n° 48 de Rouen le 3 décembre 1918.

Teriiauteraietu Tetuahoroné le 24 juin 1895 à Punaauia décède à Bordeaux le 2 février 1918.